La Gravure taille-douce

Diplômée d’un MASTER de Restauration-Conservation des Biens Culturels en section arts graphiques (Paris-I Sorbonne), j’ai exercé mon métier de restauratrice d’œuvres d’art pendant plus de dix ans. Lors de ces études de restauration, j’ai étudié les techniques anciennes, et notamment j’ai abordé toutes les techniques de gravure, de la lithographie à la sérigraphie au sein des ateliers de gravure de l’Ecole Estienne à Paris. Enfin j’ai acquis une spécialité asiatique en étudiant un an à la Bibliothèque Nationale de Chine à Pékin où j’ai travaillé alors sur des estampages et des estampes.

Après un changement de vie et de ville, et forte des compétences acquises dans le monde des arts graphiques, j’ai ouvert mon activité professionnelle à ma propre création artistique. La gravure a pris de plus en plus de place, je me suis rapprochée naturellement de la société des graveurs. J’ai rejoint Kristin Meller et Raùl Velasco à l’Association pour l’Estampe et l’Art Populaire (Paris XXème). Et dans un deuxième temps, j’ai intégré L’Atelier M (Marseille), où j’exerce aux côtés de Maoual et de Marie Krauze depuis maintenant dix ans. Nos recherches communes au sein de l’atelier portent surtout autour de l’impression en couleur, dans une ambiance chaleureuse de Méditerranée, créant ainsi une «Ecole L’Atelier M».

L’Atelier M est un atelier  situé au 25, cours Estienne d’Orves 13001, au-dessus des Arcenaulx sur le Vieux Port à Marseille.

Créé par l’artiste Maoual, l’atelier a ouvert ses portes aux artistes confirmés pour développer la recherche et l’expérimentation de la gravure taille-douce. 

« Une grande partie de mon inspiration tourne autour de la réparation, puisée non seulement dans mon métier de restauratrice mais aussi de mes problèmes de santé. La réparation est pour moi une main tendue vers son passé, une réconciliation de sa vie sans faire table rase du passé, dans un respect de son histoire. C’est un temps nécessaire pour reconstruire le puzzle des tessons d’une vie cassée par les séparations, les coupures de cordons, les ruptures de vie, les déménagements, les échecs professionnels etc. Je tourne autour aussi de l’idée du repentir, qui masque les modifications dans un tableau, c’est-à-dire le droit à l’erreur, de cette possibilité à changer d’avis, les hésitations, mais aussi le pardon à soi-même. C’est l’acceptation d’une vie imparfaite et la possibilité de s’adapter, de rester disponible au changement, à ce que l’on avait pas envisagé ou programmé. Il s’agit de se reconstruire dans un rapport toujours instable avec l’autre entre attraction et répulsion. J’exprime, avec un brin de mélancolie, cet envie d’apaisement et d’amour dans un équilibre très taoïste entre la douceur et la bienveillance, et la force et la vaillance. »

Galerie de gravures